mardi, septembre 02, 2008

Il se fait tard

L’évolution est une pute.
Je veux dire, moi, si j’étais l’évolution, je favoriserais des mutations cools, comme des fulguro-poings ou des yeux lasers, et pas des trucs inutiles comme les ongles ou les poils sous les aisselles.
Et encore moins la fatigue.

Parce que la fatigue, c’est nul. Oh je dis pas, à l’époque, quand nos ancêtres chassaient le mammouth à coup de peinture rupestre, ça devait être pratique pour savoir quand s’arrêter. Mais maintenant qu’on a les montres et les steaks surgelés, la fatigue ne sert plus rien.

Et si encore la fatigue fonctionnait correctement ! Regardons la définition de la fatigue : sensation d’affaiblissement physique ou psychique qui survient dans la durée de l’état de veille ou à la suite d’efforts qui impose l’arrêt. Quel ramassis de conneries. Je dors 12 heures par jour et j’utilise si peu mon vélo ces temps-ci qu’il est devenu le lieu de vie d’une charmante famille d’araignées (je mettrai des photos sur mon skyblog, elles sont trop kawai-lol). Théoriquement je devrais avoir suffisamment d’énergie pour alimenter mon ordinateur. Et pourtant, je suis exténué, et je pèse mes mots, trois fois cinq le kilo qui nous font quinze, et deux, dix-sept euros, voilà madame, c’est à emporter ?

Alors quoi, je me fais vieux, c’est ça ? Ah, oui, je sens le poids des années sur mes épaules, m’entraînant fermement et inexorablement d’une main de fer vers le sol, comme une horrible métaphore du chemin vers ma fin, vers mon cercueil où je me ferai bouffer par des asticots.

Ah j’ai bien changé ! Je ne suis plus que l’ombre de moi-même sous un ciel nuageux, c'est vous dire. Je n’ai plus rien à voir avec le jeune homme que j’étais il y a un an et demi ou deux ans (ah comme cela me semble loin maintenant ! Le temps passe et fauche à l’aveuglette, ô temps suspend ton vol en direction de Roissy-Charles de Gaulle). Je me fais vieux. Je n’ai plus la candeur et la joie de vivre de ma jeunesse. Je ne ris plus comme avant, ma voix et mes pensées sont graves, j’ai pris du ventre, ma vue a baissé et je pense sérieusement que c’était mieux avant.

J’ai bien essayé de regarder Dora l’exploratrice, mais c’était chiant. Avant au moins on avait de bonnes émissions à la télé. Vous voyez, ça me reprend.

C’est donc bien cela. Je le sens dans mon corps, dans ma tête. Et c’est peut être ça le pire. Assister impuissant à la fatigue de son corps et de son âme, de sa force et des idées. Voir ses muscles et ses neurones se ramollir comme la compote qu’on donne à bouffer aux vieux. Être con et faire mai 68 le matin, l’être encore plus et regarder Derrick le soir.

Je vais me préparer un café moi.

vendredi, août 15, 2008

File-moi la zapette

Mais la télé n’a pas que des bons côtés.

Car même si certaines émissions permettent l’éveil des sens et la joie des mirettes, et garantissent le bon fonctionnement cardio-vasculaire de ta machine à laver, regardons la grille des programmes et la vérité en face : la télé, c’est de la merde.
Tenez, rien que ce soir, vous avez vu ce qu’il y a sur la une ? Koh-Lanta. Non, je suis désolé, mais c’est n’importe quoi cette émission. Les filles n’y sont même pas épilées, alors que dans le dernier Playboy, que j’ai sous les yeux, ça va.

La télé nous abrutit. Ah c’est facile et tentant, le soir en rentrant chez soi, de s’affaler sur son canapé acheté chez Ikea (moi j’aime bien le Kramfors, mais il est un peu cher) (cette note commence à ressembler à une chanson de Vincent Delerm), et d’y gésir comme un veau après être passé à l’abattoir, le regard aussi vide que ce dernier dirigé vers la petite lucarne qui étale sous nos yeux, sans honte ni pudeur, la lie fangeuse de l’humanité, où croupissent le plus joyeusement du monde l’animateur générique, le journaliste fouille-merde, la chanteuse piailleuse et autres philosophes bien coiffés.

Strass et paillettes, feux de l’amour et de la rampe, sourire sous botox et cerveau sous vide. Voilà ce qu’on nous sert tous les soirs. Alors qu’on pourrait profiter de ces longues soirées pour discuter, partager un peu de chaleur humaine, passer la soirée ensemble. Imagine-nous. Un restaurant chic, mais sans excès ni faute de goût. Une sobriété distinguée et romantique. Une table et la nuit pour nous deux. Nous boirions un verre de rouge, mangerions un bon repas, et discuteriâmes de nos rêves et de nos espoirs. Tu comptes finir ta salade ? Puis comme on n’aurait plus rien à se dire on se regarderait dans le blanc des yeux, en jetant de temps en temps un coup d’œil à notre montre, ça va sinon, voilà voilà, il fait un peu froid, boncépatoutçaméilsefétard, et on finirait par rentrer chez nous en ayant chacun le sentiment de ne pas avoir perdu sa soirée.
Ah, ça, c’est quand même autre chose que Secret Story non ?

Tout se perd, et pas que mes slips. Les gens passent leur temps devant des conneries cathodiques au lieu d’aller à la messe ou de jouer au scrabble, et après on s’étonne que les jeunes ne sachent pas conjuguer le verbe boire. Ce qui est quand même la moindre des choses, jeune homme. Qu’espérer de gens qui se cultivent en regardant « Qui veut gagner des millions » et qui ne lisent plus que le programme télé ? Alors qu’il y aurait tant de choses à apprendre dans les livres, ou dans la vie de tous les jours ! C’est en étant curieux, en cherchant la vie, en ne se contentant pas de ce qu’on nous donne, qu’on crée ses valeurs et sa propre grandeur. Tenez, regardez Hitler. Voilà un homme qui, dans sa jeunesse, quand il ne passait pas ses journées à admirer l’architecture de Vienne, se plongeait corps et âme dans la lecture et le dessin. Vous avez vu ce qu’il est… Oh, non, attendez.

Sinon y a le dernier Batman au ciné. Paraît qu’y a des filles, de la baston, et des explosions. Ca a l’air vachement bien.

jeudi, août 07, 2008

The internet is for porn

Et c’est important le sexe.
Le sexe, c’est comme le papier toilette : c’est quand on n’en a plus qu’on se rend compte combien on en a besoin. Et c’est marrant que je fasse cette comparaison parce qu’il n’y a strictement aucun rapport entre les deux, n’est-ce pas ?

Alors le sexe, parlons-en, et parlons-en bien, car ce n’est pas forcément la taille qui compte.

Le sexe est ce qui différencie l’homme de l’animal. L’animal se reproduit, alors que l’homme fait l’amour. La femme, elle, crie « Robert, oh oui, encore, c’est bon, oh oui, oh oui, etc ».
Profitons-en pour mettre les choses au point : généralement les gens bien élevés, qui ne mettent pas leurs coudes sur la table et leurs crotte de nez en dessous, disent « faire l’amour », alors que les malpolis disent « coucher », « assis », « c’est bien mon toutou ».

Internet est un formidable outil d’une richesse incroyable, surtout quand on voit le nombre de site porno. Véritable big bang sexuel, les sites pornos sont la preuve de l’avancement de la civilisation humaine, avec les chips goût poulet sans poulet et le four à micro-ondes. La planète entière (sauf certains africains, mais ils avaient qu’à avoir la présence d’esprit de voir le jour chez nous) a ainsi pu élargir ses horizons grâce à des artistes d’aujourd’hui et des œuvres comme 2girls1cup (lien safe for work).

Faire l’amour est un moyen amusant de s’occuper quand on n’a rien à faire, ou pendant la pub pour les éjaculateurs précoces. Le nombre moyen de participant est de deux, mais j’aimerais bien savoir d’où sort cette moyenne.
Il arrive parfois que faire l’amour entraîne certaines maladies, dont la plus terrible est la grossesse qui, heureusement pour nous les mecs, ne touche que les femmes et qui, à terme (laissez mijoter bien au chaud pendant neuf mois), donne naissance à une excroissance bruyante qui pleure la nuit et empêche donc les malades, ou parents, de pratiquer une activité sexuelle quotidienne (dans le cadre d’une alimentation équilibrée).

Les parents sont bêtes. Les parents pensent qu’on fait les bébés en plantant une graine dans un jardin, et qu’ils sortent du chou ou de la rose éclose qui en pousse. C’est ce qu’ils racontent à leurs enfants. C’est n’importe quoi.
Heureusement les enfants n’en croient rien, et préfèrent se tripoter la nouille en regardant Emmanuelle ou Dora l’Exploratrice le soir sur canal+, ce que je ne vais pas tarder à faire.

mardi, juillet 08, 2008

Où l'on s'emmerde

A propos de payer pour rien et de gaspiller son argent, en ce moment c’est les soldes.

Ah, les soldes ! Apogée du consumérisme, summum du matérialisme, culte des objets, surtout cette jolie petite jupe, tu as vu chéri ? où le badaud badant et flânant dans les rues cherche le trésor perdu, le saint graal, la neuvième merveille du monde (je te laisse trouver la huitième), la maison des sept nains, bref, l’affaire du siècle. Et, le soir, rentrant chez lui, il ne se rendra pas compte que, tel le carrosse de cendrillon transformé en citrouille, ses jolies emplettes se seront changées en merde.
Enfin bon, tu connais tout ça, je ne suis pas le premier à cracher sur les soldes et leur jeter un regard hautain que je réserve généralement aux artistes de rues, qui étalent sous nos yeux délicats la médiocrité de leur vie et leur manque cruel de talent, alors artistique, je t’en parle même pas. Alors que par derrière j’en profite aussi. Ce n’est pas ce que tu crois. Je n’ai rien contre la sodomie, mais je voulais dire que pour moi aussi, les soldes sont l’occasion de donner un coup de neuf (enfin ça va, c’est pas non plus la nouvelle saison) à ma garde-robe (oui parfois je me déguise en fille) qui comporte, en vrac, quatre jeans, six T-Shirts dont la moyenne des tailles me va parfaitement (c'est-à-dire qu’il y en a toujours un trop long pour compenser un trop court) (c’est comme avec les amants, en fait), et trois chemises.

Le lecteur averti, qui en vaut deux, ce qui remonte considérablement mes stats, l’a sans doute déjà bien compris : si je parle des soldes, alors que je l’ai déjà fait l’an dernier, et qu’au fond, je n’en ai rien à foutre, c’est parce que je m‘emmerde.
Depuis quelques temps je traîne au hasard des rues le morne ennui de ma vie, soupirant le soir de désespoir et de ma vieillesse ennemie, épuisé de ne rien faire, succombant à l’éprouvante étreinte du vide de mes jours.
Alors bon, j’essaye de m’occuper en noyant le poisson par exemple, mais rien n’y fait. Les livres m’emmerdent, les jeux vidéos m’ennuient, quant à la télé, soyons sérieux.

J’ai essayé de me plonger corps et âme dans la religion. Surtout l’âme, parce que l’hostie, c’est dégueulasse. Mais force est de constater que je suis encore moins religieux que la menthe. Et puis c’est chiant la Bible. Pardon Dieu, mea culpa, ave maria, morituri te salutant, mais sois honnête, ton bouquin, il est nul. Je sais que je suis un lecteur assez difficile, vomissant sans honte sur les torchons de Bernard Werber et de Marc Levy (depuis que j’ai lu Mes amis, mes amours, je me sens mal, j’ai envie de mourir, et j’ai une douleur ici quand je plie le bras comme ça, mais ça me le faisait déjà avant), mais tout de même, je m’attendais à mieux.

Alors j’ai tenté le national-socialisme. En vain. Le nazisme me répugne. Je n’arrive pas à comprendre Hitler. Vous avez vu sa moustache ? Et sa coupe de cheveux ? Je ne comprends pas. Et puis, pardon Hitler, mea culpa, ich bin ein Berliner, mais Mein Kampf, c’est chiant.

Comble du malheur, ma connexion internet fait n’importe quoi. Je fais comment, moi, pour aller sur des sites pornos ? Non vraiment, tout fout le camp.

samedi, juin 28, 2008

Où l'auteur parle encore de sa nostalgie amoureuse et de sa dépendance sentimentale, au lieu de raconter celle du mec qui en a deux

Car je n’aime pas les politiciens. Non pas que je sois de l’avis du quidam qui ne manque jamais l’occasion de dire à qui veut bien l’entendre (j’ai dit entendre, pas écouter. En gros tout le monde s’en fout), chez des amis ou au bistrot, que les politiciens sont tous des pourris. Non, je ne prendrais pas ce raccourci facile et mesquin. C’est juste qu’aucun n’est honnête.

A propos de bistrots, vous saviez que certains sont parfois le siège que choisissent les armées encerclées des inventeurs inconnus, des créateurs de l’ombre, des artistes de mon cul, bientôt décimés par les armées sous culturelle de mon cul, toujours, pour s’y produire sous nos yeux ébahis et légèrement embrumés par l’alcool et nous ventre le fruit pourri de mois de travail ?

J’y étais, dimanche. Oh, je n’avais bu que trois bières, mais si j’avais su, j’en aurais pris plus. On y jouait « On ne badine pas avec l’amour », de Musset. Une bonne pièce, dramatique à souhait, pleine de proverbes et autres vérités sur les hommes, les femmes, et les uns dans les autres (je précise cela afin que les plus ignares d’entre vous aient de quoi se défendre pour briller en société. Ca fait toujours bien de faire croire qu’on va au théâtre ou à l’opéra). Je passerais sur les coupures de textes, et ne blâmerait pas les acteurs, même s’ils surjouaient plus qu’un politicien (on y revient). Non pas pour les épargner, même si certains étaient de mes amis, mais bien parce que je m’en foutais d’eux, de leur pièce, et de ce bar miteux où je ne mettrais plus les pieds, la bière n’était pas très fraîche, au prix du demi, c’est du vol.

Je venais voir mon ex. Vous savez comment c’est, parfois on reste amis, on se voit de temps en temps, on discute, on va boire un café, l’un essaie de coucher à nouveau avec l’autre, et au final on est obligé de se taper quelqu’un d’autre et une pièce de théâtre sous prétexte qu’elle y joue. Et parfois on ne se revoit plus, on entend plus parler de l’autre, l’un aimerait coucher à nouveau avec l’autre, on touche le fond, on s’y prélasse et s’y roule, pendant une bonne dizaine de mois, et au final on est obligé de se taper sa main et une pièce de théâtre sous prétexte qu’elle y joue, juste pour voir si on a enfin réussit à s’en sortir, après dix mois de psychothérapie à 72 euros la séance, on ne m’y reprendra plus.
Et finalement, ça n’a pas servi à grand-chose. Old thingz are not so oldz. On essaie de pas chialer devant tout le monde, pas devant elle. On fait semblant d’aller bien, on fait la bise, on balance quelques blagues, comme on le fait d’habitude. Et puis rentré chez toi on n’arrive toujours pas à pleurer.
Alors on recommence. Sans psy cette fois, j’en ai marre de payer pour rien.

vendredi, juin 20, 2008

Où l'auteur conclut sur des banalités de comptoir, alors qu'il essaie d'arrêter de boire

Alors bien sûr, l’eau n’a rien de très réjouissant au premier abord. Incolore, inodore, sans aucun goût dans le meilleur des cas, alors le pire, je t’en parle pas. A croire que Dieu ne voulait pas que nous en buvassionâmes (j’ai toujours eu du mal avec ce verbe, ce qui est assez cocasse, d’ailleurs) le jour où il l’inventâte un peu par là, en même temps que, pêle-mêle, les oiseaux, les montagnes, la joie de vivre dans tes yeux et le parti socialiste. Old thingz are oldz.

Mais il ne faut pas toujours se fier à sa première impression. Et je dis ça tout particulièrement à l’adresse des filles, qui persistent à m’éviter, alors que sous mes airs rustres et ma barbe mal rasée se cache, timide et maladroite, attendant secrètement la tendresse qui saura la réchauffer, une âme délicate et rigolote, tu connais celle du mec qui en avait deux ? Car les apparences sont parfois trompeuses. Sauf pour les bouquins de Bernard Werber, dont le fond déborde autant de vacuité et de rien que la forme.

L’eau, donc. En bouteille ou au robinet ? Je pose la question parce que moi j’y connais rien à toutes ces histoires de flotte, je m’y noie un peu. Car les alcooliques et les irlandais n’ont pas ce choix à faire. Certes parfois, au bistrot du coin, je me demandais si j’allais prendre une bière pression ou une en bouteille, mais ce n’est pas comparable, on ne mélange pas les torchons et les serviettes, alors n’allons pas mettre de l’eau dans notre vin, ou bière, c’est pareil.
Il est vrai que la minéralité de l’eau en bouteille possède des vertus digestives et sanitaires, mais enfin, quand on songe à tout ce gaspillage, tout ce plastique utilisé pour rien, est-ce bien sérieux ? Mangez cinq fruits et légumes par jour, mais ne mets pas tes doigts dans la porte, tu risques de te faire pincer très fort, alors s’il vous plaît, l’écologie, c’est important.

Parfaitement. Cela ne se voit peut-être pas, mais je suis activement engagé dans la protection de l’environnement et la sauvegarde de notre planète. Pas trop non plus, faut pas déconner.
Mais ouvrons les yeux, nous allons droit dans le mur ! Regardons la vérité et notre peur en face : des guerres éclatent un peu partout, comme les boutons sur la gueule de l’adolescent déjà débile, les populations ne sont plus en sécurité nulle part, mon bras me fait mal là quand je le plie et ici quand je le tends, et la faim et la soif dans le monde auront tôt fait d’achever les quelques survivants des séismes, ouragans et autres tsunamis dont le nombre ne cesse d’augmenter à cause du dérèglement climatique et de la perturbation du gulf stream, heureusement un anticylcone nous arrivera du sud-ouest, les températures minimales seront de 15°C et les maximales de 29° dans le Languedoc-Roussillon, tout de suite le journal de Jean-Pierre Pernaut.

Pendant ce temps, à l’Elysée, on se gave à tout bout de champ de foie gras et de caviar au frais de la princesse imposable.

dimanche, juin 15, 2008

Où l'auteur use de mauvaises figures de style, à tel point qu'il se demande s'il ne va pas écrire un mauvais feuilleton télévisé

De toute façon, on se doutait bien que je manquais parfois d’élégance, puisque mes aventures alcooliques (attention, j’ai dit alcooliques, pas bucoliques) sont aussi bien gardées que des rapports top secrets britanniques. Mais ne nous emballons pas, c’est pour offrir ?, je ne bois pas par habitude, parce qu’on a versé du schnaps dans mon biberon quand j’étais petit (c’est une sorte de potion magique, je crois qu’Uderzo a tout pompé là-dessus). Non, je bois pour noyer mon chagrin, pour oublier mon malheur, ou pour déconner.

Par exemple, hier soir, j’étais à une soirée d’anniversaire d’un ami – généralement je n’aime pas trop ce genre de fêtes, pour de basses raisons misanthropes, mais les tartes flambées étaient gratuites, alors tu comprends, je vous en prie -, et j’espérais y croiser une fille, dont je n’avais plus de nouvelles depuis des mois. C’était une chaude journée d’un été amoureux, nous nous tenions par la main mais tu n’y croyais déjà plus. Tu es partie sans dire un mot, sans un regard, disparaissant au loin dans mes souvenirs, mon sourire pour toi à jamais envolé près de notre amour qui se brûlait les ailes. On était trop sérieux, à l’époque.

Alors, hier soir, j’ai cru que tu viendrais. J’ai cru que tu accepterais de me voir, qu’on pourrait se comporter comme des grands, pour une fois, tiens-toi droit s’il te plaît, ne mets pas tes coudes sur la table, ne souris pas la bouche pleine. Après tout ce temps, il serait peut-être temps. Mais non. Tu n’étais pas là, tu n’es pas venue, on ne t’avait même pas invitée, parce qu’on pensait que je ne voulais pas te voir.
Heureusement il restait du vin. Et pourtant, je me suis surpris à être sérieux, d’ailleurs ça me reprend, je n’ai même pas encore fait de blagues sur les caissières, alors que je totalise déjà plus de 300 mots rien que pour cet ersatz de mauvaise histoire à l’eau de rose, dégoulinant d’amour et de temps perdu. Tout fout le camp, y a plus de saison, vous avez vu le mois de juin qu’on a ? Quant à mon bras, je ne vous en parle même pas.

C’est le moment de franchir le cap, que dis-je un cap ? une péninsule !
La prochaine fois je prendrai un verre d’eau, même si ça a un goût dégueulasse.