Bip bip
Je déteste les caissières de super-qui ? supermarché, qui vole aux pauvres pour donner aux riches.
Généralement je ne fais pas les courses moi-même, je laisse d’autres gens s’abaisser à cette tâche pour moi. Je ne consens qu’à acheter les produits qui sont à mon image : raffinés, ou alcoolisés. Jamais vous ne me verrez acheter du débouche évier, du papier toilette, ou un livre de Marc Levy.
Mais parfois la dure réalité de la vie m’apparaît dans mon garde-manger vide, et me pousse au supermarché comme on pousse le condamné à la guillotine ou le dissident au goulag (j’en fais un peu).
Assis sur son siège même pas éjectable, la caissière fait passer le prix de son ennui sur le tapis de ses jours. Transpirant dans son gilet mal taillé où un petit badge maladroitement planté dans sa poitrine exhibe son nom à la vue des ménagères, alors que tout le monde s’en fout, surtout ses collègues qui préfèrent la siffler plutôt que la nommer, coupant ainsi les derniers fils de dignité qui la rattachaient à l’humanité, la caissière sombre dans les eaux noires de la décrépitude où flottent déjà les cadavres de ses prédécesseurs et se devine l’ombre fuligineuse de ses successeurs, ainsi que Jean-François Copé, qui est quand même un sacré con.
Alors la caissière se venge. D’une lenteur à en faire bailler un suisse, ou d’une vitesse à surprendre l’éjaculateur précoce, la caissière s’amuse avec nos achats. C’est un plaisir malsain qui l’anime et la pousse à jouer avec ses victimes (en l’occurrence votre dévoué serviteur dont l’élégance et le raffinement ne sont plus à démonter, si l’on ne tient pas compte de la barbe). Elle les observe se dépêtrer tant bien que mal entre une bouteille de bière et un paquet de pâtes, et en rie comme l’enfant rie des fourmis affolées par le doigt vengeur enfoncé dans la fourmilière ôte ta main voilà ma mère. Mon habilité et ma dextérité légendaire, surtout avec la droite, ne furent d’aucun secours, et je finis par tout foutre en vrac dans mon sac, comme le dernier des vulgaires.
« Ca fera onze euros vingt-sept. » lança-t-elle dans un élan de mornitude à en faire s’arracher les cheveux les membres de l’Académie Française, s’ils en avaient encore. La salope. Je le savais déjà, moi, que ça faisait onze euros vingt-sept. C’était marqué sur le petit cadran. Je sais lire, morue. Pourquoi cette envie quasi maladive de rabaisser les clients ? Pourquoi ce désir de ridiculiser ceux qui lui permettent d’avoir sa paye à chaque fin de mois, qu’elle claquera en trois jours pour acheter des bières à son vieux mari alcoolique ? Pourquoi le monde ? Pourquoi la faim en Afrique et la graisse d’oie chez nous ? Et pourquoi quand je plie mon bras ça fait mal ici alors que quand je le tends ça fait mal là ?
Et puis d’abord, c’est quoi cette manie de vouloir faire biper tout ce qui passe à porter de main ? J’avais un jour invité une caissière chez moi, que je connaissais depuis quelques temps, qui avait le rire dans les yeux et des jolis nichons. Nous avions un peu bu, et nous allâmes au libido d’un pas pressé. Nous nous étreignâmes, nous embrassîmes, et nous dévêtates un peu par ici. Elle a fait biper mon caleçon. Les bras m’en sont retombés, et il n’y a pas qu’eux.
La prochaine fois je couperai les étiquettes.
Généralement je ne fais pas les courses moi-même, je laisse d’autres gens s’abaisser à cette tâche pour moi. Je ne consens qu’à acheter les produits qui sont à mon image : raffinés, ou alcoolisés. Jamais vous ne me verrez acheter du débouche évier, du papier toilette, ou un livre de Marc Levy.
Mais parfois la dure réalité de la vie m’apparaît dans mon garde-manger vide, et me pousse au supermarché comme on pousse le condamné à la guillotine ou le dissident au goulag (j’en fais un peu).
Assis sur son siège même pas éjectable, la caissière fait passer le prix de son ennui sur le tapis de ses jours. Transpirant dans son gilet mal taillé où un petit badge maladroitement planté dans sa poitrine exhibe son nom à la vue des ménagères, alors que tout le monde s’en fout, surtout ses collègues qui préfèrent la siffler plutôt que la nommer, coupant ainsi les derniers fils de dignité qui la rattachaient à l’humanité, la caissière sombre dans les eaux noires de la décrépitude où flottent déjà les cadavres de ses prédécesseurs et se devine l’ombre fuligineuse de ses successeurs, ainsi que Jean-François Copé, qui est quand même un sacré con.
Alors la caissière se venge. D’une lenteur à en faire bailler un suisse, ou d’une vitesse à surprendre l’éjaculateur précoce, la caissière s’amuse avec nos achats. C’est un plaisir malsain qui l’anime et la pousse à jouer avec ses victimes (en l’occurrence votre dévoué serviteur dont l’élégance et le raffinement ne sont plus à démonter, si l’on ne tient pas compte de la barbe). Elle les observe se dépêtrer tant bien que mal entre une bouteille de bière et un paquet de pâtes, et en rie comme l’enfant rie des fourmis affolées par le doigt vengeur enfoncé dans la fourmilière ôte ta main voilà ma mère. Mon habilité et ma dextérité légendaire, surtout avec la droite, ne furent d’aucun secours, et je finis par tout foutre en vrac dans mon sac, comme le dernier des vulgaires.
« Ca fera onze euros vingt-sept. » lança-t-elle dans un élan de mornitude à en faire s’arracher les cheveux les membres de l’Académie Française, s’ils en avaient encore. La salope. Je le savais déjà, moi, que ça faisait onze euros vingt-sept. C’était marqué sur le petit cadran. Je sais lire, morue. Pourquoi cette envie quasi maladive de rabaisser les clients ? Pourquoi ce désir de ridiculiser ceux qui lui permettent d’avoir sa paye à chaque fin de mois, qu’elle claquera en trois jours pour acheter des bières à son vieux mari alcoolique ? Pourquoi le monde ? Pourquoi la faim en Afrique et la graisse d’oie chez nous ? Et pourquoi quand je plie mon bras ça fait mal ici alors que quand je le tends ça fait mal là ?
Et puis d’abord, c’est quoi cette manie de vouloir faire biper tout ce qui passe à porter de main ? J’avais un jour invité une caissière chez moi, que je connaissais depuis quelques temps, qui avait le rire dans les yeux et des jolis nichons. Nous avions un peu bu, et nous allâmes au libido d’un pas pressé. Nous nous étreignâmes, nous embrassîmes, et nous dévêtates un peu par ici. Elle a fait biper mon caleçon. Les bras m’en sont retombés, et il n’y a pas qu’eux.
La prochaine fois je couperai les étiquettes.
