Il se fait tard
L’évolution est une pute.
Je veux dire, moi, si j’étais l’évolution, je favoriserais des mutations cools, comme des fulguro-poings ou des yeux lasers, et pas des trucs inutiles comme les ongles ou les poils sous les aisselles.
Et encore moins la fatigue.
Parce que la fatigue, c’est nul. Oh je dis pas, à l’époque, quand nos ancêtres chassaient le mammouth à coup de peinture rupestre, ça devait être pratique pour savoir quand s’arrêter. Mais maintenant qu’on a les montres et les steaks surgelés, la fatigue ne sert plus rien.
Et si encore la fatigue fonctionnait correctement ! Regardons la définition de la fatigue : sensation d’affaiblissement physique ou psychique qui survient dans la durée de l’état de veille ou à la suite d’efforts qui impose l’arrêt. Quel ramassis de conneries. Je dors 12 heures par jour et j’utilise si peu mon vélo ces temps-ci qu’il est devenu le lieu de vie d’une charmante famille d’araignées (je mettrai des photos sur mon skyblog, elles sont trop kawai-lol). Théoriquement je devrais avoir suffisamment d’énergie pour alimenter mon ordinateur. Et pourtant, je suis exténué, et je pèse mes mots, trois fois cinq le kilo qui nous font quinze, et deux, dix-sept euros, voilà madame, c’est à emporter ?
Alors quoi, je me fais vieux, c’est ça ? Ah, oui, je sens le poids des années sur mes épaules, m’entraînant fermement et inexorablement d’une main de fer vers le sol, comme une horrible métaphore du chemin vers ma fin, vers mon cercueil où je me ferai bouffer par des asticots.
Ah j’ai bien changé ! Je ne suis plus que l’ombre de moi-même sous un ciel nuageux, c'est vous dire. Je n’ai plus rien à voir avec le jeune homme que j’étais il y a un an et demi ou deux ans (ah comme cela me semble loin maintenant ! Le temps passe et fauche à l’aveuglette, ô temps suspend ton vol en direction de Roissy-Charles de Gaulle). Je me fais vieux. Je n’ai plus la candeur et la joie de vivre de ma jeunesse. Je ne ris plus comme avant, ma voix et mes pensées sont graves, j’ai pris du ventre, ma vue a baissé et je pense sérieusement que c’était mieux avant.
J’ai bien essayé de regarder Dora l’exploratrice, mais c’était chiant. Avant au moins on avait de bonnes émissions à la télé. Vous voyez, ça me reprend.
C’est donc bien cela. Je le sens dans mon corps, dans ma tête. Et c’est peut être ça le pire. Assister impuissant à la fatigue de son corps et de son âme, de sa force et des idées. Voir ses muscles et ses neurones se ramollir comme la compote qu’on donne à bouffer aux vieux. Être con et faire mai 68 le matin, l’être encore plus et regarder Derrick le soir.
Je vais me préparer un café moi.
Je veux dire, moi, si j’étais l’évolution, je favoriserais des mutations cools, comme des fulguro-poings ou des yeux lasers, et pas des trucs inutiles comme les ongles ou les poils sous les aisselles.
Et encore moins la fatigue.
Parce que la fatigue, c’est nul. Oh je dis pas, à l’époque, quand nos ancêtres chassaient le mammouth à coup de peinture rupestre, ça devait être pratique pour savoir quand s’arrêter. Mais maintenant qu’on a les montres et les steaks surgelés, la fatigue ne sert plus rien.
Et si encore la fatigue fonctionnait correctement ! Regardons la définition de la fatigue : sensation d’affaiblissement physique ou psychique qui survient dans la durée de l’état de veille ou à la suite d’efforts qui impose l’arrêt. Quel ramassis de conneries. Je dors 12 heures par jour et j’utilise si peu mon vélo ces temps-ci qu’il est devenu le lieu de vie d’une charmante famille d’araignées (je mettrai des photos sur mon skyblog, elles sont trop kawai-lol). Théoriquement je devrais avoir suffisamment d’énergie pour alimenter mon ordinateur. Et pourtant, je suis exténué, et je pèse mes mots, trois fois cinq le kilo qui nous font quinze, et deux, dix-sept euros, voilà madame, c’est à emporter ?
Alors quoi, je me fais vieux, c’est ça ? Ah, oui, je sens le poids des années sur mes épaules, m’entraînant fermement et inexorablement d’une main de fer vers le sol, comme une horrible métaphore du chemin vers ma fin, vers mon cercueil où je me ferai bouffer par des asticots.
Ah j’ai bien changé ! Je ne suis plus que l’ombre de moi-même sous un ciel nuageux, c'est vous dire. Je n’ai plus rien à voir avec le jeune homme que j’étais il y a un an et demi ou deux ans (ah comme cela me semble loin maintenant ! Le temps passe et fauche à l’aveuglette, ô temps suspend ton vol en direction de Roissy-Charles de Gaulle). Je me fais vieux. Je n’ai plus la candeur et la joie de vivre de ma jeunesse. Je ne ris plus comme avant, ma voix et mes pensées sont graves, j’ai pris du ventre, ma vue a baissé et je pense sérieusement que c’était mieux avant.
J’ai bien essayé de regarder Dora l’exploratrice, mais c’était chiant. Avant au moins on avait de bonnes émissions à la télé. Vous voyez, ça me reprend.
C’est donc bien cela. Je le sens dans mon corps, dans ma tête. Et c’est peut être ça le pire. Assister impuissant à la fatigue de son corps et de son âme, de sa force et des idées. Voir ses muscles et ses neurones se ramollir comme la compote qu’on donne à bouffer aux vieux. Être con et faire mai 68 le matin, l’être encore plus et regarder Derrick le soir.
Je vais me préparer un café moi.
